Alain Badiou

Il a dit

« C’est la France entre 1792 et 1794 qui fonde mon amitié pour ce pays »

  • « Alain Badiou : « C’est la France entre 1792 et 1794 qui fonde mon amitié pour ce pays » », Jean Birnbaum, Le Monde, 23 juin 2017 (lire en ligne)


« La réalité historique de l’apogée du nationalisme français, c’est la guerre de 14. »

  • « Finkielkraut-Badiou : le face-à-face », Aude Lancelin, L'Obs, 17 décembre 2009, p. 18


« Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitalisme. »


« Que les étrangers nous apprennent au moins à devenir étrangers à nous-mêmes, assez pour ne plus être captifs de cette longue histoire occidentale et blanche qui s'achève, et dont nous n'avons plus rien à attendre que la stérilité et la guerre. Contre cette attente catastrophique, sécuritaire et nihiliste, saluons l'étrangeté du matin. »

  • De quoi Sarkozy est-il le nom ?, éd. Nouvelles éditions Lignes, 2007


« Tout le monde voit que la démocratie électorale n’est pas un espace de choix réel, mais quelque chose qui enregistre, comme une sismographie passive, des dispositions qui sont tout à fait étrangères au vouloir éclairé. »

  • De quoi Sarkozy est-il le nom ?, éd. Nouvelles éditions Lignes, 2007


« Les élections sont au moins autant un instrument de répression que l’instrument d’expression qu’elles prétendent être. Rien ne produit une plus grande satisfaction des oppresseurs que d’installer les élections partout, que de les imposer, au besoin par la guerre, à des gens qui ne les ont pas demandées. [...] Je ne dis pas que l’essence des élections est répressive. Je dis qu’elles sont incorporées à une forme d’État, le capitalo-parlementarisme, appropriée à la maintenance de l’ordre établi, et que par conséquent, elles ont toujours une fonction conservatrice, qui devient, en cas de troubles, une fonction répressive. Tout cela, qui est aujourd’hui représenté de façon plus claire, provoque un sentiment accru d’impuissance : si l’espace de la décision étatique ne nous laisse comme part, à nous citoyens ordinaires, que le vote, alors on ne voit plus très bien, du moins pour le moment, quelles sont les voies de passage pour une politique d’émancipation. »

  • De quoi Sarkozy est-il le nom ?, éd. Nouvelles éditions Lignes, 2007, pp. 42-45


« Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n'y a même pas de comparaison. »

  • De quoi Sarkozy est-il le nom ?, éd. Nouvelles éditions Lignes, 2007, p. 34


« Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue [...]. La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse [...]. Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir [...]. La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. »

  • Théorie de la contradiction, éd. Yennan, 1975