Jean-Jacques Rousseau

Il a dit

« Comment les opposants sont-ils libres et soumis à des lois auxquelles ils n’ont pas consenti ?

Je réponds que la question est mal posée. Quand donc l'avis contraire au mien l'emporte, cela ne prouve autre chose sinon que je m'étais trompé, et que ce que j'estimais être la volonté générale ne l'était pas. Si mon avis particulier l'eût emporté, j'aurais fait autre chose que ce que j'avais voulu ; c'est alors que je n'aurais pas été libre. »

  • Du contrat social (1762), Jean-Jacques Rousseau, éd. Flammarion, 2008, p. 338


« [...] je me trompe en disant une république chrétienne ; chacun de ces deux mots exclut l'autre. Le christianisme ne prêche que servitude et dépendance. Son esprit est trop favorable à la tyrannie, pour qu'elle n'en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves ; ils le savent, et ne s'en émeuvent guère : cette courte vie a trop peu de prix à leurs yeux. »

  • Du contrat social (1762), Jean-Jacques Rousseau, éd. Flammarion, 2008, p. 490


« Aimer l’enfance, favoriser ses jeux, ses plaisirs, son aimable instinct. Qui de vous n’a pas regretté quelquefois cet âge où le rire est toujours sur les lèvres, où l'homme est toujours en paix ? »

  • Émile (1762), Jean-Jacques Rousseau, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 2008, partie II, p. 91


« Telle fut, ou dut être, l’origine de la société et des lois, qui donnèrent de nouvelles entraves au faible et de nouvelles forces au riche, détruisirent sans retour la liberté naturelle, fixèrent pour jamais la loi de la propriété et de l’inégalité, d’une adroite usurpation firent un droit irrévocable, et pour le profit de quelques ambitieux assujettirent désormais tout le genre humain au travail, à la servitude et à la misère. »

  • Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Flammarion, 2008, p. 244


« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerre, de meurtres, que de misères et d'horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux, ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : « Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ! ».

  • Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1761), Jean-Jacques Rousseau, éd. Flammarion, 2008, p. 225