Le Monde

Ils ont dit

« Pour l’Europe, la question stratégique numéro un du XXIe siècle a un nom bien précis : l’immigration. Les Européens doivent apprendre à vivre avec un Moyen-Orient en plein chaos et des voisins africains en pleine explosion démographique. [...] L’immigration s’annonce comme une donnée structurelle de ce siècle pour l’Union européenne (UE). [...] D’ici à 2050, et même en tenant compte de la robotisation du travail, l’Europe vieillissante devrait avoir besoin d’une vingtaine de millions d’étrangers pour équilibrer sa population active. La fidélité à ses valeurs devrait la conduire à une certaine générosité. »

  • « Editorial : vivre avec l’immigration », Editorial, Le Monde, 8 juillet 2016 (lire en ligne)


« La France blanche, chrétienne, au risque de terroriser certains petits esprits, est finie. Terminée. L’avenir du monde est le métissage avait prédit un illustre français, qui a siégé dans le même Hémicycle que Danièle Obono aujourd’hui : il s’appelait Léopold Sédar Senghor. »

  • « « Nul ne doit accepter le déferlement de haine raciste dont est victime Danièle Obono » », Hamidou Anne, Le Monde, 18 octobre 2014 (lire en ligne)


« Il y aura d’autres Danièle Obono au Parlement français, dans les ministères et même un jour à l’Elysée, car la marche de l’Histoire est ainsi faite. »

  • « « Nul ne doit accepter le déferlement de haine raciste dont est victime Danièle Obono » », Hamidou Anne, Le Monde, 18 octobre 2014 (lire en ligne)


« Il faut amplifier ce qui a été timidement engagé sous Hollande »

  • « « Le vrai patriote, c’est l’Européen » », Arnaud Leparmentier, Le Monde, 5 avril 2017 (lire en ligne)


« Le leader d'En marche ! est en situation de remporter la présidentielle »

  • « Macron, la troisième voie », Arnaud Leparmentier, Le Monde, 1er mars 2017 (lire en ligne)


« Sous l'effet de ces restrictions, les flux migratoires se stabilisent : la France compte 4 millions d'étrangers en 1982, 4,1 millions en 1990, 4,3 millions en 1999, 5 millions en 2006, soit entre 7,4 % et 8 % de la population française. Un chiffre étonnamment stable : contrairement à ce que l'on croit souvent, la proportion d'immigrés ne varie guère depuis le début des années 1980. »

  • « Le nouveau visage de la France, terre d’immigration », Anne Chemin, Le Monde, 4 décembre 2009 (lire en ligne)


« [À propos du Livre noir du communisme] Veut-on faire de ce livre un travail d'historien, ou s'agit-il d'un travail de militant politique, voire de procureur, qui retient des éléments à charge au service d'une cause, celle d'une condamnation globale du phénomène communiste comme phénomène d'essence criminelle ? »

  • Jean-Louis Margolin, 9-10 novembre 1997


« [À propos du Livre noir du communisme] Le communisme se veut d'abord une doctrine de libération de la majorité des humains, quand le nazisme est une doctrine raciste qui rejette dans les ténèbres la majorité des hommes »

  • Jean-Louis Margolin, 31 octobre 1997


« [En réaction au saccage du stand d'un éditeur nationaliste au salon du Livre] Il faut donc une certaine dose de mauvaise foi pour soutenir que Le Monde, par son titre de "une". son éditorial et ses informations, a poussé les adversaires du FN à saccager le stand de la SANH [...]. Il ne saurait être tenu pour responsable de la forme qu'a prise la protestation contre le FN et des violences que celles-ci a entraînées. »

  • Thomas Ferenczi, 24 mars 1997


« Le Monde a toujours tenté d'associer la dénonciation et l'explication, mais, légitimement soucieux de combattre les idées du Front national, il a été quelquefois plus prompt à condamner qu'à analyser [...]. Ce travail doit être encouragé. Le combat contre l'extrême droite passe aussi par l'examen attentif des difficultés que vivent de nombreux Français et par le démontage des solutions démagogiques que propose le parti de Jean-Marie Le Pen »

  • Thomas Ferenczi, 17 février 1997


« [À propos du traité de Maastricht] Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. »


« L'hydre du pouvoir khmer rouge ne fut que le résultat d'une guerre suscitée par les Américains. »

  • Patrice De Beer, 25 mars 1990


« Beaucoup de gens attribuent au KGB la création du goulag, son fonctionnement. Alors qu'en tant que service de renseignement, je crois que le KGB peut tout à fait être comparé à d'autres services. [...] Il me semble que la CIA est beaucoup plus dangereuse pour les gens parce qu'elle est beaucoup plus difficile a contrôler. [...] Il est bien connu que la CIA a essayé d'assassiner des dirigeants d'Etats étrangers. En revanche, personne ne peut reprocher au KGB d'avoir participé, hier ou aujourd'hui, à des actions de ce type. »

  • 16 mars 1991, commentaire d’un documentaire de 1989 sur le KGB


[La dénonciation des camps de concentration soviétiques] « ne hâte pas d’une seule minute la libération des déportés, mais peut dans un certain contexte, aggraver la tension entre les blocs qui tend à perpétuer l’existence des camps et les souffrances des déportés. Dénoncer au contraire sans relâche l’injustice sociale en France peut aider dans une certaine mesure à y mettre fin. »

  • Maurice Duverger, cité par Raymond Aron dans ses Mémoires, éd. Julliard, 1983, pp. 327 et par Pierre Rigoulot dans Les paupières lourdes, éd. Universitaires, 1991, p. 107


« Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d'assises des Yvelines vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui arrêtés l'automne 1973 sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de liberté des inculpés. Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de "moeurs" où les enfants n'ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d'instruction qu'ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse. Aujourd'hui, ils risquent d'être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels. Nous considérons qu'il y a une disproportion manifeste d'une part, entre la qualification de "crime" qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d'autre part, entre la caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d'une société qui tend reconnaître chez les enfants et les adolescents l'existence d'une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c'est pour quoi faire ?) La loi française se contredit lorsqu'elle reconnaît une capacité de discernement d'un mineur de treize ou quatorze ans qu'elle peut juger et condamner, alors qu'elle lui refuse cette capacité quand il s'agit de sa Vie affective et sexuelle. Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhart ne retrouvent pas la liberté. »


Soljénitsyne n’est après tout qu’un « prophète qui se laisse emporter par sa vision », un « terrible simplificateur » qui « si l’on n’y prend garde, passera de l’intransigeance qui sauve à l’intolérance qui aveugle », bref : « un homme que le manichéisme soviétique a conduit au manichéisme opposé. »

  • Bernard Féron, 13 avril 1976


« Pendant cinquante ans et plus, le Parti communiste s’est entendu reprocher d’être l’obligé inconditionnel de Moscou. Au lendemain de la guerre, Léon Blum parlait encore de "parti nationaliste étranger", mais « depuis que les signes, sinon les preuves d’indépendance — de jugement et de décision — se sont multipliés, le vieil épouvantail est remisé, provisoirement ou non, au magasin des accessoires de l’anticommunisme [...]. Le vieil épouvantail de l’internationalisme prolétarien étant remisé au magasin des accessoires, on ressort celui du centralisme démocratique », qui est aujourd’hui « le moyen le plus sûr non d’empêcher la discussion, au moins dans certaines limites, mais d’interdire la création de « tendances organisées » qui sont un facteur permanent de division et de faiblesse de tous les partis français. Ceux qui sans se donner la peine de le définir font reproche aux communistes du centralisme démocratique seraient bienvenus de s’en inspirer : ils y gagneraient en unité et en efficacité. On discute et une fois la décision prise, on s’incline. C’est la loi de la majorité »

  • Jacques Fauvet, 18 février 1976


« [À propos de l'ouvrage de Jean-François Revel, La Tentation totalitaire] Sa thèse est simple, sinon simpliste : dans le monde actuel, il n'est de socialisme que stalinien. Dès lors ceux qui sont les alliés des communistes sont les complices du stalinisme. »

  • Jacques Fauvet, 13 janvier 1976


« Notre Occident a jeté les bases bibliques de la libération de l’homme. Moyennant l’idéologie marxiste-léniniste revue et corrigée, Mao a, à sa façon, libéré son peuple socialement et politiquement. On ne peut certes que regretter que cette libération spectaculaire n’ait pas su faire sa place au levain chrétien et que les messagers de l’Evangile — même autochtones — aient été baîllonnés. Mais on ne saurait oublier ni les erreurs et les fautes des chrétiens dans les pays de mission, ni que la Chine ne fut jamais, à proprement parler, une terre religieuse. Au reste, le marxisme est en quelque sorte un surgeon de souche chrétienne. Ni en Chine ni ailleurs, il ne serait équitable de déprécier ses vertus au nom de ses manques. »

  • Alain Bouc, « La Chine dans un mouchoir : un peuple profondément humain », 16-17 novembre 1975


« Ce peuple est à l’ouvrage jour et nuit, si l’on en croit Radio-Phnom-Pen – qu’il n’y a aucune raison de ne pas croire en ce domaine – tout le monde vit de la même façon, transporte, pioche, reconstruit, repique, ensemence, récolte, irrigue, depuis les enfants jusqu’aux vieillards. L’allégresse révolutionnaire a, parait-il, transformé le paysage humain [...] Une société nouvelle est assurément en gestation dans le royaume révolutionnaire. Il est toujours possible, compte tenu d’informations peu sûres, de déceler des invraisemblances de dates ou de mentalités [...] Faut-il ajouter sans être soupçonné d’être une « belle âme », que seraient plus qualifiés, pour dénoncer hâtivement des exactions, ceux qui n’auront pas omis, au cours de la guerre, d’accorder autant de place aux atrocités de l’« autre camp » et aux boucheries provoquées par l’aviation américaine ? »

  • Jacques Decornoy, « Une ombrageuse volonté d’indépendance guide l’action du pouvoir révolutionnaire au Cambodge », 18 juillet 1975


« Alexandre Soljénitsyne regrette que l’Occident ait soutenu l’URSS contre l’Allemagne nazie lors du dernier conflit mondial.

Il n’est pas le seul, poursuit-il, avant lui des Occidentaux comme Pierre Laval avaient pensé de même, et des gens comme Doriot ou Déat accueillaient les nazis en libérateurs. »

  • Bernard Chapuis, 3 juillet 1975


« Au Portugal, la légitimité est révolutionnaire, et c’est l’armée, et en tout cas le MFA, qui la détient. Ce ne sont pas les partis politiques qui ont fait la révolution du 25 avril. S’il y a eu des élections, les partis eux-mêmes ont accepté à l’avance d’en voir limiter les effets tant pour le gouvernement que pour la Constitution. »

  • 1er juillet 1975


« [À propos de la tentative d’empêcher la parution du quotidien socialiste portugais Republica par le parti communiste portugais] La vraie question n’est-elle pas de savoir si en permettant à tous d’user de la liberté d’expression, on ne permet pas en fait à quelques-uns d’en abuser ? »

  • 21 juin 1975


« [Retour de Patrice De Beer en France après avoir été expulsé du Cambodge] Ce communisme tire son inspiration du modèle chinois, a un caractère original. [...] Pour la première fois, une révolution a remis en cause radicalement la société. Pour la première fois, la victoire a été uniquement l’œuvre des paysans. [...] Personne ne peut se permettre de juger une expérience aussi nouvelle, aussi révolutionnaire. »

  • Patrice De Beer, « Qui gouverne le Cambodge ? », 10 mai 1975


« [Retour de Patrice De Beer en France après avoir été expulsé du Cambodge] Pourquoi cette attitude ? Sûrement pas, comme tente de le faire croire l'administration américaine qui se raccroche à sa théorie du "bain de sang", pour cacher des horreurs que des sadiques hommes en noir seraient en train de perpétrer. Que cela plaise ou non, les Cambodgiens ont décidé qu'ils ne voulaient plus d'étrangers chez eux [...]. Ils veulent se débrouiller seuls avec leurs propres méthodes [...]. Personne ne peut encore se permettre de juger une expérience. »

  • Patrice De Beer, « Qui gouverne le Cambodge ? », 10 mai 1975


« Le nouveau pouvoir liquide les séquelles de la présence américaine. »

  • 3 mai 1975


« [Salutant la chute de Saïgon et du Sud-Vietnam] Après une génération, voici la paix revenue sur le Vietnam. Demain l’histoire gardera le souvenir de ce moment qui libère un pays du pire des esclavages, celui des armes, de la violence, de la haine. On n’entendra plus que la clameur de joie, on ne verra que les drapeaux neufs claquer au vent. »

  • Françoise Le Pennec, 2 mai 1975


« La ville est libérée. [...] Il n’y a pas eu de résistance républicaine. On entend encore des coups de feu dans le centre de la ville, mais l’enthousiasme populaire est évident. Des groupes se forment autour des maquisards souvent porteurs d’artillerie américaine, jeunes, heureux, surpris par leur succès facile. [...] Des cortèges se forment dans les rues et les réfugiés commencent à rentrer chez eux. »

  • Patrice De Beer, « Enthousiasme populaire », 18 avril 1975


« Une telle volonté [de ménager au maximum les civils et de ne pas détruire trop d’habitations et d’objectifs économiques], qui cadre avec les déclarations politiques des responsables khmers rouges, montre qu’ils ont bien compris les sentiments d’une population conditionnée par la crainte d’un « bain de sang ». [...] La réconciliation nationale qu’ils préconisent et la reconstruction d’un pays ravagé par une guerre suscitée par Washington en dépendent. »

  • Patrice De Beer, 17 avril 1975


« Une société nouvelle sera créée ; elle sera débarrassée de toutes les tares qui empêchent un rapide épanouissement : suppression des moeurs dépravantes, de la corruption, des trafics de toutes sortes, des contrebandes, des moyens d’exploitation inhumaine du peuple [...]. Le Cambodge sera démocratique, toutes les libertés seront respectées, le bouddhisme restera religion d’Etat, l’économie sera indépendante, l’usage de la langue nationale sera généralisé dans les services publics. »

  • Jacques Ducornoy, 16 avril 1975


« Mao-Tsé-Toung, c’est "la révolution approfondie", non seulement en Chine, mais partout où l’appellent l’injustice sociale, l’hypocrisie et le mensonge. »

  • Alain Jacob, 12 février 1975


« [À propos du président des États-Unis, Richard Nixon] Les Français soussignés désirent reprendre à leur compte la déclaration du Premier ministre Palme de Suède, comparant votre action à celle des nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. »

  • 21-22 janvier 1973


Manifestation devant l'ambassade américaine, à Paris, pour protester contre « le plus grand criminel de guerre de tous les temps [Richard Nixon] »

  • 9 janvier 1973


« Si les digues se rompent cet été au Nord-Viêtnam, la responsabilité de ce génocide doit peser sur le président Nixon, de la même façon que s'il avait ordonné un bombardement atomique. »

  • Pétition, « Appel contre les bombardements des digues du Viêtnam par l'aviation US », signé par Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alfred Kastler, Guy Bedos, Yves Montand, Simone Signoret entre autre, 9-10 juillet 1972


« C'est à Cuba et par le mouvement de la révolution cubaine que l'exigence communiste a retrouvé, en même temps qu'un centre vivant, sa puissance d'avenir. »

  • Jean Schuster, 7 janvier 1968


« Staline, répétons-le, avait réussi à réconcilier la Russie et la révolution. Seul pourrait dépasser sa réussite celui qui réconcilierait la révolution et la liberté. »


« [À propos de Victor Kravchenko] J'avoue que je n'aime pas la race des apostats et des renégats. »

  • André Pierre, 25 juillet 1947