Libération

Ils ont dit

« Il est temps de tuer Dieu et la patrie »

  • « Il est temps de tuer Dieu et la patrie, par David Vann », David Vann, Libération, 22 mars 2017 (lire en ligne)


« Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ?», demandait Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle de 2012. Christian Estrosi, maire de Nice et député LR a repris la rhétorique frontiste ce matin sur France Info, liant afflux de migrants et menace terroriste : «Parmi les migrants, nous avons des terroristes de Daech qui s'infiltrent», a-t-il déclaré. Rien n'est moins sûr, réplique le journaliste de RFI spécialiste de l'Etat islamique David Thomson, qui note sur Twitter que «jamais l'EI n'a encore utilisé les flux de migrants pour s'infiltrer en Europe dans le but d'y réaliser des attentats. »

  • « Non, Daech n'utilise pas les flux de migrants pour s'infiltrer en Europe », Libération, Libération, 11 août 2015 (lire en ligne)


Libération, 11 août 2015, « Non, Daech n'utilise pas les flux de migrants pour s'infiltrer en Europe »

« Nous sommes les enfants de la révolution sexuelle. Nous avons aujourd'hui des enfants, ou nous espérons en avoir, ou nous en côtoyons et nous disons merci à la génération de nos parents. Nous entendons les médias clouer Cohn-Bendit au pilori en l'accusant de pédophile. Nous entendons ce qu'il dit, nous entendons ce qu'il décrit et dans ses mots nombre d'entre nous ont l'impression d'entendre et de revoir leurs propres parents. Sommes-nous des enfants de pédophiles ?

Nombre d'entre nous ont eu des parents qui se sont promenés nus devant eux, sans doute nous ont-ils laissés toucher leurs seins, leur sexe. Ils ont été heureux quand nous sommes tombés amoureux à la maternelle, quand nous avons embrassé d'autres enfants sur la bouche. Ils nous ont laissés jouer à «touche-pipi». Que dit Cohn-Bendit? A-t-il évoqué le désir qu'il aurait pu éprouver pour des enfants ? A-t-il eu l'intention de les pénétrer ? Leur a-t-il demandé des fellations ? Non. Ce qu'il raconte, c'est ce que nous ont laissés vivre nos parents ­ou que nous aurions aimé que nos parents nous laissent vivre ­ et c'est ce que nous voulons vivre avec nos enfants. Des enfants qui ont une vie sexuelle ­qui l'ignore encore aujourd'hui?­ qui éprouvent des désirs, qui ont des questions, des séductions. Bref, non pas des enfants objets pour les adultes, mais bien des enfants sujets dans toutes leurs dimensions, y compris celles qui excitent tant les esprits. Les années 70 ont fait des enfants ­de nous ­des sujets. La révolution sexuelle ­y compris dans le domaine de l'enfance ­nous a d'abord appris que notre corps nous appartenait. Que nous avions le droit d'en faire ce que nous voulions, avec qui nous voulions. Que, parce que devenus sujets, nous avions le droit de dire «non» à ceux qui désiraient faire autre chose de notre corps et de nos désirs que ce que nous, nous voulions.

Accuser la révolution sexuelle­ qui a fait de l'enfant un acteur, un sujet de son corps d'être à l'origine de la pédophilie est autant un contresens que d'accuser la révolution (y compris sexuelle) des femmes d'être à l'origine des viols dont elles sont encore aujourd'hui victimes. La révolution sexuelle a d'abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire «non».

Nous remercions la génération de la révolution sexuelle d'avoir déverrouillé la vieille famille où l'enfant et la femme étaient ­et restent encore trop souvent­ des objets, y compris des violences sexuelles de leur entourage. Parce que la famille qu'ils ont fait éclore n'est plus celle des années 50, nous sommes heureux d'en créer aujourd'hui, ou nous pensons en créer demain. Ecrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit? Non, ceux d'une nécessaire explosion de parole qui permettait de dire «je», de dire «non». C'est le contraire de la pédophilie, de la loi du silence. Si aujourd'hui, de plus en plus, la parole se libère sur les horreurs subies, ces curés qui abusent, ces parents qui violent, ces familles qui étouffent, ne le doit-on pas à cette déflagration initiale? Nous nous inquiétons de cette société de paranoïa qui crie si vite à la secte, au pédophile, mais qui ne se donne jamais les moyens ­en paroles, en personnels, en structures, en changements de fond ­qui permettraient vraiment de lutter contre ces violences et leurs origines. Qui se trouve des boucs émissaires pour éviter de se donner les moyens d'agir.

Véronique Dubarry, Stéphane Lavignotte, Guilhem Lavignotte, Erwan Lecoeur, Christine Villard, Thomas Giry, Julien Lecaille, Arnaud Wasson-Simon, Irène Steinert (Pays-Bas), Su Friedrich (New York), Silvia Caracciolo (Rome), Gilles Collard (Belgique), John Symons (Boston), Pierre Fay (Cap Cod, Etats-Unis), etc.

Soutien (génération des parents): Anne Coppel, Serge Quadruppani, Alain Dugrand, Alain Lipietz »


« Là où l'État use de sa force symbolique pour tracer la frontières de l'inexcusable entre ceux qui tiennent des discours de haine antiétrangers ou antijuifs, sa jurisprudence semble donner raison a ceux qui promettent les homosexuels au bûcher. »

  • « Manifeste pour une stratégie contre l'homophobie », 3 décembre 1999


« L'homophobie, rejeton de la bête immonde qui accouche régulièrement des nouvelles formes de racisme, exige un nécessaire devoir de vigilance. »

  • 26 juin 1999


« Il faut évidemment dénoncer les catastrophes auxquelles a conduit la Russie soviétique, mais ne pas oublier que le goulag doit beaucoup à la décision d'industrialisation avec du travail forcé. Si on demande de construire une industrie du nickel en Arctique, il n'est pas possible de le faire sans le travail forcé. »

  • Entretien avec Eric Hobsbawm, 28 octobre 1999


« [En réaction au débat sur le souverainisme lors des élections européennes de 1999] la capacité du souverainisme à polariser le débat politique sur la nation, en rupture avec le classique clivage gauche-droite »

  • 25 juin 1999


« Orphelins de la "grandeur" de la France, ces Don Quichotte voisinent parfois avec l'extrême droite : bonapartistes, gaullistes, pétainistes ou frontistes, on trouve de tout dans la galaxie souverainiste. »

  • 26 mai 1999


« [À propos du Livre noir du communisme] Le travail des historiens du Livre noir du communisme donne le droit de se poser la question de savoir si la désignation officielle de catégories entières de population à exterminer n'inscrit pas Lénine, Staline bien sûr et leurs épigones dans la catégorie des grands criminels du siècles. »

  • 11 novembre 1997


« La pédophilie n’a jamais été en tant que telle un délit dans le code pénal. »

« Quand Benoît parle des enfants, ses yeux sombres de pâtre grec s’embrasent de tendresse [phrase du journaliste] »

« Je faisais un cunnilingus à une amie. Sa fille, âgée de cinq ans, paraissait dormir dans son petit lit mitoyen. Quand j’ai eu fini, la petite s’est placée sur le dos en écartant les cuisses et, très sérieusement, me dit «à mon tour, maintenant». Elle était adorable. Nos rapports se sont poursuivis pendant trois ans. »

  • « Câlins enfantins », 20 juin 1981

« Le désir et les jeux sexuels librement consentis ont leur place dans les rapports entre adultes et enfants. »

  • Article sur le procès de Gérard Roussel, 22 mars 1979

« Pourquoi un homme n’aurait-il pas le droit d’aimer un enfant ? »

« Un enfant qui aime un adulte, sait très bien qu’il ne peut pas encore donner, aussi, il comprend et il accepte très bien de recevoir. C’est un acte d’amour. C’est une de ses façons d’aimer et de le prouver. Ce fut le comportement avec moi des quelques garçons que j’ai sodomisés.

Et puis disons les choses comme elles se passent. Il aime ressentir dans son corps, le membre viril de celui qu’il aime, d’être uni à lui, par la chair. Cela donne de grandes satisfactions.

Il a aussi la satisfaction d’être agréable à celui qui le sodomise qui jouit en lui. Cela lui procure aussi une grande joie, car aimer c’est aussi bien donner que recevoir. Cela peut-être dur à admettre pour des profanes, mais c’est la réalité. »

  • Jacques Dugué, 25-26 janvier 1979

« Pour moi, la pédophilie est une culture : il faut que ce soit une volonté de faire quelque chose de cette relation avec l'enfant. S'il s'agit simplement de dire qu'il est mignon, frais, joli, bon à lécher partout, je suis bien entendu de cet avis, mais ce n'est pas suffisant... Certes, on peut créer des relations sauvages tout à fait personnelles : mais il n'est pas question de se contenter de relations sauvages si l'on a affaire à des enfants. Il est indispensable que les relations soient culturelles : et il est indispensable qu'il se passe quelque chose qui ne soit ni parental, ni pédagogique. Il faut qu'il y ait création d'une civilisation. »


« [Tony Duvert préconise de retirer les enfants aux femmes, ou du moins d'] « empêcher que les femmes aient un droit exclusif sur les enfants. [...] Il ne s'agit même plus qu'il y ait des relations sexuelles ou qu'il n'y en ait pas. Je connais un enfant et si la mère est opposée aux relations que j'ai avec lui, ce n'est pas du tout pour des histoires de bite, c'est avant tout parce que je le lui prends. Pour des histoires de pouvoir, oui. Autrement dit, elles se prennent une poupée et se la gardent »

Libération, 5 novembre 1977 — « Apprenons l'Amour à Nos Enfants »

« Naissance du «front de libération des pédophiles». Un nouveau groupe vient de naître: le FLIP (Front de libération des Pédophiles) dont vous pourrez lire ci-dessous la plate-forme constitutive. Qui sont-ils? Pour l’essentiel, des lecteurs de Libération qui à la suite d’une «lettre ouverte aux pédophiles» dans notre édition du 9/2/77 nous firent parvenir un courrier abondant – nous en rapportions quelques-uns dans une double page le 24 mars 77 intitulée: Relations Adultes-Enfants. Le deux avril dernier se tenait à Jussieu une première réunion regroupant une trentaine de personnes. Simple prise de contact. Sans doute, peut-on regretter que l’essentiel des préoccupations ait été d’ordre judiciaire. Il ne fut en effet question que de répression, de défense et de poursuite des pédophiles. Sans méconnaître ces dures réalités, un tel groupe a tout à gagner s’il élargit son champ de réflexions.

Le FLIP (Front de libération des Pédophiles) est né. Quelques objectifs essentiels ont déjà pu être lancés:

— Combattre l’injustice pénale et mener une réflexion critique sur la famille et l’école, fondée sur une analyse politique de la sexualité entre mineurs et adultes.

— S’associer à la lutte des enfants qui veulent changer leur mode de vie et de tout groupe politique qui vise à l’établissement d’une société radicalement nouvelle où la pédérastie existera librement.

— Développer une culture pédérastique qui s’exprime par un mode de vie nouveau, et l’émergence d’un art nouveau.

— Prendre la parole dans des organes d’information qui lui en donnent les moyens et par les voies qui s’imposent.

— Manifester sa solidarité avec les pédophiles emprisonnés ou victimes de la psychiatrie officielle.

La «tyrannie bourgeoise» fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende qui croque les chaumières. Nous casserons ensemble monstres et chaumières.

Pour joindre le FLIP, écrivez à Jean-Louis Burckhardt, BP N°361, 75 Paris cédex 02 (ne pas mentionner FLIP sur l’enveloppe, joindre un timbre pour la réponse) »

  • 7 mai 1977
Libération, 10 septembre 1976 — « Mort de Mao »
Libération, 18 avril 1975 — « Sept jours de fête pour une libération »

« Une guerre révolutionnaire à l’heure de la détente. Cette formule résume l’originalité et le sens profond de la lutte de libération nationale menée depuis cinq ans par le peuple cambodgien contre l’agression américaine. »

  • Patrick Ruel, 17 avril 1975
Libération, 17 avril 1975 — « Le drapeau de la résistance flotte sur Phnom Penh »