Yann Moix

Il a dit

« Il y a, parmi les Afghans des gens qui connaissent Victor Hugo, qui ont lu Victor Hugo en farsi sur le bout des doigts et qui sont venus en France pour ça, et ils arrivent et on les frappe. »

« Cette nausée, nous l’espérons, sera dissipée par l’arrivée, la plus massive possible, de ces Français de demain, nés à Kaboul, à Khartoum, à Asmara, et qui savent, ou sentent, que l’avenir n’appartient jamais à ceux qui, au lieu de dormir, surveillent leurs frontières en aboyant. »

  • « Qui sont ces «colonnes de migrants» ? », Yann Moix, Libération, 2 novembre 2017 (lire en ligne)


« C’est des liens du sang que sont venus le racisme, la monar­­chie abso­­lue. La vraie révo­­lu­­tion, la vraie égalité totale, ce serait de mélan­­ger les bébés à la nais­­sance comme dans La vie est un long fleuve tranquille. On devrait inter­­­dire aux parents d’éle­­ver leurs enfants biolo­­giques. Cette manière de placer son ego dans sa chair me donne le verti­ge. »

  • Voici, 29 mai 2015


« Les Français se trompent, vous savez. Ils espèrent je ne sais quoi de la présence de ces ethnies sur leur sol, mais ils verront bientôt quelle impasse se dessine. La France va se dissoudre dans l’arabisme et la négroïsme. On ne peut plus se promener dans les rues d’Orléans sans croiser ces gens-là ! Et je ne parle même pas de Paris, qui dit-on – je n’y mets jamais les pieds – est métissée des pieds à la tête. Ce qui va éclore de toute cette présence pesante et obsédante, c’est un racisme énorme, vertigineux, inédit. Quand on prendra la mesure du phénomène, probablement d’ici une quinzaine d’années, dans les années 80, il sera évidemment trop tard. La France aura été arabisée, africanisée. Nous n’aurons alors plus que nos yeux pour pleurer. Des intellectuels, pas forcément de gauche d’ailleurs, viendront cycliquement nous abreuver d’une prose remplie d’esprit des Lumières et de tolérance, cherchant des solutions qui n’existent pas, remplaçant toutes les solutions impossibles par des exclamations outrées. Tribunes, colonnes, éditoriaux appelleront en boucle à tolérer l’intolérable, à mesurer les propos, à ne plus avoir le droit de nommer un Nègre par son nom de Nègre, ni un Arabe par son nom d’Arabe. Les évidences mêmes deviendront des gros mots. La réalité, une insulte. […] cette propension à laisser pénétrer sans frein toute cette lie colorée qui souille tout ce qu’elle effleure devra, tôt ou tard, se payer par un bain de sang. La seule chose que comprennent ces Arabes, c’est la force. La seule chose que craignent ces Nègres, c’est la guerre. Les Français n’ont aucun courage. Ils laisseront cette situation pourrir jusqu’à la moelle parce qu’ils sont terrorisés par ceux-là mêmes qu’ils accueillent moins qu’ils ne font semblant de les accueillir. Et lorsque l’on fait semblant d’accueillir, c’est pire que de ne pas accueillir du tout ! […] On désire nous faire accroire que les races n’existent pas, c’est un fait. Et jamais pourtant, dans le monde, il n’y a eu autant de racisme. Et jamais, dans le futur, il n’y aura eu autant de racistes vigilants. On ne peut rien contre l’évidence de la race, car même si elle n’existe pas, les gens éprouvent le besoin de l’inventer. Ils la définissent malgré tout. Ils vont chercher à en tracer les contours, comme au Brésil où les métis haïssent les Noirs bien noirs, bien charbonnés Et pourquoi ce racisme, pourquoi ce décompte des différences, ce perpétuel soulignage des diversités de grains de peaux ? Parce que nous sommes trop nombreux, et que le nombre aspire à être moins. Le monde est rempli d’hommes en trop, des hommes non nécessaires, qui arpentent la surface du globe pour rien. Des hommes dépourvus de toute utilité. Et que fait l’idée de race pendant ce temps ? Elle aspire à devenir le critère de nécessité des hommes sur cette terre, elle permet de trier le bon grain de l’ivraie, elle offre aux humains une manière, arbitraire peut-être, barbare sans doute, de choisir parmi les hommes ceux qui devront s’en aller en priorité pour laisser la terre et la mer, l’oxygène et la nourriture aux autres, à ceux qui sont moins noirs et moins métissés, moins arabes et moins nègres. C’est ainsi. L’idée de race n’a sans doute aucune légitimité scientifique, mais les hommes veulent contre vents et marées lui en prêter une, parce que c’est une idée qui a le mérite de permettre de trancher. De décider et de se décider. Ce surnombre n’est plus tenable. Il faut soustraire des hommes aux hommes, et en très grande quantité. C’est à ce seul prix que la vie pourra perdurer sous la lune. Il faut un carnage planétaire, mettre fin à ces naissances arbitraires, à ces vies qui n’ont pas de sens, à ces innombrables destins foireux. Sinon nous mourrons, vous mourrez, votre fils mourra. »

  • Naissance, éd. Grasset, 2013, pp. 288-291


« Pierre Bergé a mille fois raison : les remugles de la manifestation anti-mariage pour tous éclaboussent toutes les vermines, qui se réveillent. Car la vermine d’extrême-droite se reconnaît à ceci qu’elle ne meurt jamais ; elle est en veille. Toujours prête à disséminer son choléra. L’extrême-droite n’est pas même là pour donner la mort, injecter la mort, prodiguer la mort, comme hier encore envers une petite victime appelée Clément Méric, non : l’extrême-droite est la mort [...] L’extrême-droite ne tue pas : elle est elle-même le meurtre. Meurtre contre tout ce qui est innocent, contre tout ce qui est inoffensif, contre tout ce qui est seul, contre tout ce qui est faible, contre tout ce qui ne demande rien à personne [...] L’extrême-droite a raté sa vie – elle veut rater, elle veut raturer la vie des autres. On nous dit que l’extrême-droite n’aime pas les Juifs, les Noirs, les Arabes, les homosexuels, les « gauchistes ». Mais si les Juifs, les Noirs, les Arabes, les homosexuels et les « gauchistes » n’existaient pas, elle les haïrait quand même. Elle les inventerait à la seule fin de les haïr, de les persécuter, de les massacrer, de les assassiner. Pour l’extrême-droite, nous sommes tous, absolument tous, nous serons tous, absolument tous, tour à tour, des Juifs, des Noirs, des Arabes, des homosexuels et des « gauchistes ». L’extrême-droite ne peut pas mourir : la mort ne peut pas mourir. À nous tous, en attendant, de lui donner une bonne, une vraie leçon de vie. »

  • « L’extrême droite est la mort », La Règle du jeu, 6 juin 2013


« J'ai écrit ces lignes, ces phrases, pour tuer [mes parents], pas pour les tuer symboliquement : pour les tuer physiquement, c'est-à-dire biologiquement, pour leur envoyer la punition à rebours de la biologie.

Il a fallu (...) que je m'arrache à cet ADN et donc, je leur rends la balle, je leur remets ma vie en jeu si vous voulez, mais sous forme de mort. (...)

Etre père n'a aucune importance. (...)

Je suis contre les parents biologiques. En général je ne sors qu'avec des femmes qui ont été adoptées. (...)

Pour moi, des gens qui partagent le même code génétique et qui sont confinés dans la même pièce (...) c'est la définition du cauchemar. »

Sa nébuleuse